Au cours de chaque année, l’Organisation des Nations Unies(NU) respecte toujours sa tradition. C’est l’occasion de l’ouverture de la nouvelle session et du débat général annuel de cette organisation. Les États Membres se rassemblent alors dans la salle de lAssemblée générale (AG) à New York. Mais, au cours de la 75ème dernière Session, la tradition a été interrompue de force, du fait de la pandémie de Covid-19. Comment l’Assemblée Générale des Nations Unies a-t-elle alors procédé dans l’usage des outils virtuels pour tenir ses promesses?

Pour répondre à cette interrogation, nous constatons trois choses. Premièrement, c’est qu’une tradition a été brisée. Deuxièmement, c’est que la Covid-19 semble avoir volé la vedette à plusieurs autres défis mondiaux. Et troisièmement, le nouveau format du déroulement des travaux a été adapté.

Une tradition brisée des voyages hautes délégations diplomatiques

En réponse à la pandémie de COVID-19 qui continue de sévir sur la planète, la tradition a été brisée. Il s’agit de l’arrêt des grands voyages de hautes délégations des nations du monde. Les Chefs d’Etat et de gouvernement, ou leurs ambassadeurs se déportent toujours à ce rendez-vous annuel de l’AG des NU. L’élan pour ces grands voyages onéreux a été carrément brisé en septembre 2020.

Cela est arrivé à un moment où l’Organisation des Nations Unies a commémoré l’an 75 de sa création.  Pour cause, la pandémie de COVID-19 a chambardé plusieurs habitudes et comportements sociaux et politiques, etc.

Quand la Covid-19 semble voler la vedette à plusieurs autres défis mondiaux

La pandémie COVID-19 n’est pas le seul problème que le monde doit affronter. Plusieurs défis majeurs interpellent les décideurs internationaux. Parmi ces défis, se trouvent la discrimination raciale, l’intolérance, les inégalités, les changements climatiques, la pauvreté, la faim, les conflits armés et à bien d’autres maux.

Ainsi, l’agenda de la 75ème session de l’Assemblée générale devaient aborder les défis des nouvelles stratégies. Cette occasion s’offrait aux Chef d’Etats et de gouvernement pour envisager autrement l’avenir des nations. Cet avenir concerne particulièrement les générations futures et la planète toute entière.

Pour contribuer à la lutte contre la propagation du coronavirus Covid – 19, le format de la réunion a été modifié. La participation virtuelle à ce haut lieu annuel des Chefs d’Etats et de gouvernement a pris de l’importance.

Déroulement pratique du nouveau format de la 75ème session de l’Assemblée Générale

Alors que les couloirs étaient calmes, un programme complet a été managé pour une Assemblée générale virtuelle. La 75ème retrouvaille de l’Assemblée générale a débuté le mardi 15 septembre 2020. Elle a duré un mois comme d’habitude. Mais cette tradition n’a pas ressemblé au style adopté depuis 1945. Cette rencontre a carrément été différente des sessions organisées jusqu’ici depuis trois quarts de siècle.

Le changement intervenu lors de cette session de l’AG des NU a été, essentiellement, d’ordre organisationnel. La procédure habituelle d’interventions des Chefs d’Etats et de gouvernement et de participation des délégations a autrement pris corps. Et face à la pandémie de COVID-19, à quand le retour au format traditionnel? Aussi voudrait-on bien comprendre comment les dirigeants du monde entier ont-ils utilisé les outils virtuels, loin de leur tribune.

Déroulement virtuel des travaux à distance

L’organisation des travaux a connu une participation physique réduite. Toutefois, la présence d’un représentant de chaque Etat-membre) au siège des Nations Unies à New-York a été nécessaire. Les chefs d’État et de gouvernement n’ont pas eux-mêmes été à New-York. L’euphorie des longues délégations aussi budgétivores qu’on ne se l’imagine a étouffée. Dans la salle des conférences, on a seulement noté les ambassadeurs de chaque Etat, basés, pour la plupart, à New-York.

En effet, la formule à distance a permis aux dirigeants du monde entier de rester à l’écart de leur tribune habituelle. Ils ont été invités à envoyer des vidéos de leurs discours préenregistrées (réalités virtuelles). Ce sont ces réalités virtuelles qui ont été diffusées “en direct”. Toutefois, le représentant de chaque État membre avait la charge d’intervenir avant a projection de la vidéo. Grâce aux technologies virtuelles, tous les dirigeants du monde ont pris part à distances aux travaux de cette session historique.

Le travail des ambassadeurs en place dans la salle

Quant aux ambassadeurs, ils ont disposé d’un délai de 72 heures, pour consulter leur capitale. Chaque fois que cela a été nécessaire, ils requerraient toujours l’accord du pays sur une résolution. A ce propos, des mesures ont été prises pour la mise en œuvre du vote électronique sur des questions le nécessitant.

Les consultations des États membres sur le processus de vote ont été bien organisées. L’ambassadeur Courtenay Rattray de la Jamaïque, en a assuré une bonne coordination, à en croire la presse onusienne.

Espoir d’un retour à un fonctionnement normal de l’institution

Volkan Bozkir, Président de la 75ème Assemblée générale, a été interrogé par ONU INFO à la fin des travaux. Il a exprimé son espoir de revenir prochainement à une situation normale.

A cette effet, il a déclaré en substance : « le défi extraordinaire que représente la Covid-19 a entraîné un changement dans les méthodes de travail de l’Assemblée générale des Nations Unies. L’éloignement physique et les restrictions de séjour signifient que les représentants ne peuvent plus se réunir en personne…

L’ambassadeur de la Turquie, Volkan Bozkir (à gauche), actuel Secrétaire Général à l’issue de la 75ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, rencontre le Secrétaire général, António Guterres, en janvier 2020. / Photo ONU/Manuel Elias

J’espère que nous reviendrons bientôt à un fonctionnement normal de l’Organisation…».

Pour Volkan Bozkir, il s’agirait de tenir des réunions physiques sans risquer la santé des participants. Autrement, il faudrait trouver des ressources importantes pour la poursuite du fonctionnement des institutions de décision.

Conséquences du nouveau format d’organisation des travaux de l’Assemblée Générales des Nations Unies

De ce point de vue, leur absence a favorisé la distanciation physique à la 75ème Assemblée Générale des Nations Unies. Ce format de stratégie n’a pas favorisé la propagation de la pandémie. Finalement, la tenue des travaux sous ce format a dérogé à la règle des voyages présidentielles. Elle a également arrêté nette une participation physique très massive des dirigeants du monde et leurs suites. Quelle grande première après trois quarts de siècles de vie de l’Organisation des Nations Unies! Sans nul doute, le pari virtuel a pertinemment été tenu.

Par ailleurs, ce format virtuel a certainement contribué à atténuer ce genre de dépenses publiques. Du moins, une fois n’est pas coutume! Car, certains pays sont de très mauvaise réputation en matière de gouvernance financière. Les voyages présidentiels engendrent des comportements excessifs au niveau certains dirigeants. Les cohortes présidentielles supposent aussi une aubaine pour la “dépensite financière”. L’arrangement de ces cohortes soigne généralement beaucoup plus le côté social et affectif que la valeur administrative et technique.

Or, la Covid-19 ne cesse de faire de nombreuses victimes sociales et économiques. En même temps, la gestion de la pandémie exige une prise en charge financière optimale. En plus, les stratégies contre la COVID-19 nécessitent plusieurs sommes d’argent. Aussi peinent-elles à la maîtriser voici bientôt une année entière.

Perspective pour le nouveau format de l’Assemblée Générale

Jusqu’où ira cette expérience du nouveau format virtuel de l’organisation de l’Assemblée Générale? Nul n’est sans ignorer l’emprise de la pandémie de Covid-19! Cette maladie semble avoir volé la vedette aux autres défis de la Planète. A propos, les Grands de ce monde ont été forcés déserter leurs chères accolades horizontales.

En bref, et quoiqu’il en soit, la situation générale de la pandémie du Coronavirus COVID-19 ne semble pas s’améliorer. Si l’on ne prend garde, les technologies virtuelles continueront à être sollicitées, étant donné que plusieurs autres réunions sectorielles d’experts devraient se rencontrer au sein des Nations Unies. Peut-être faudrait-il envisager nécessairement l’organisation des travaux de l’AG des Nations Unies sur visio-conférence? Quelle en serait alors la balance des coûts?

 

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