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La rivière qui a coulé toute seule : ce qu’un adage africain nous apprend sur le mentorat

Avancer seul n’est pas toujours une preuve de liberté. Parfois, c’est simplement le chemin le plus long. Il existe un adage africain d’une simplicité redoutable : « La rivière qui a coulé toute seule s’est empêtrée dans de nombreuses sinuosités qui lui ont fait perdre du temps. » Cette phrase est bien plus qu’une image ; c’est tout un programme de vie.

On grandit souvent avec l’idée que réussir seul est une preuve suprême de force. Cette idée est perçue comme valorisante car elle signifie ne rien devoir à personne pour tout construire de ses mains, tout comprendre par soi-même. C’est une belle histoire mais ce n’est pas toujours la plus efficace des certitudes. Car la rivière qui refuse tout lit tracé par d’autres ne gagne pas en rectitude : elle perd du temps dans des méandres qu’un simple repère aurait pu lui éviter.

C’est ici que la place d’un bon mentor est souvent nécessaire, précisément pour cette raison.

Ce que le mentor est

Un mentor est tout d’abord une personne dont l’expérience, la connaissance et le recul peuvent aider une autre personne à avancer avec davantage d’orientation et de discernement.

Il ne transmet pas seulement des informations. Il partage aussi une expérience vécue, des leçons tirées tant de ses réussites que de ses erreurs. Il a une capacité à reconnaître certains chemins, certains dangers et certaines possibilités.

Le mentor est donc, en quelque sorte, un repère humain. Sa présence peut aider celui qu’il accompagne à mieux comprendre son environnement, à poser de meilleures questions, à éviter certains détours inutiles et à développer progressivement sa propre capacité de jugement.

Dans l’image de la rivière, le mentor pourrait être comparé à quelqu’un qui connaît une partie du terrain. Il ne change pas le cours de l’eau à sa place, mais son expérience permet de mieux comprendre les sinuosités du chemin et d’éviter de confondre mouvement et progression.

Un bon mentor n’est pas nécessairement celui qui sait tout. Mais il est souvent celui qui a suffisamment appris de son propre parcours pour aider un autre à voir plus clairement le sien.

Cette idée me paraît plus juste comme point de départ avant d’aborder ensuite : « Ce que le mentor n’est pas. »

Ce que le mentor n’est pas

Il faut le dire clairement, car c’est là que se glissent la plupart des malentendus : un mentor ne marche pas à notre place. Il ne vit pas notre vie, ne prend pas nos décisions et ne nous épargne pas nos difficultés. Il n’est pas non plus celui qui tire quelqu’un vers son destin, comme on hisserait un poids mort vers une ligne d’arrivée.

Ce que son expérience apporte est plus discret, et plus précieux : elle nous aide à reconnaître certains pièges, à éviter des détours inutiles, et à mieux discerner le chemin. L’expérience des autres ne remplace pas notre propre marche mais elle peut nous éviter de nous perdre dans des sinuosités que d’autres ont déjà traversées avant nous.

Un mentor, en somme, n’est pas une carte qui décide de la destination. C’est une boussole qui aide à avancer avec davantage de discernement.

Sommaires cas pratiques du mentorat en action

Pour ne pas rester dans la seule métaphore, voici quatre situations concrètes où cette logique se vérifie. Vous pouvez naviguer directement vers celle qui vous parle.

– L’entrepreneur qui a voulu réinventer la roue,

– La reconversion professionnelle accompagnée,

– Le créateur de contenu et les dix ans de tâtonnement évités,

– Le jeune diplômé face à son premier poste de responsabilité.

L’entrepreneur qui a voulu réinventer la roue

Beaucoup de porteurs de projet démarrent en refusant tout conseil, convaincus que leur situation est unique. Résultat fréquent : ils redécouvrent, à leurs frais, des erreurs déjà largement documentées mauvais choix de statut juridique, tarification mal calibrée, absence de trésorerie de sécurité. Un mentor ayant déjà traversé ces sinuosités ne supprime pas les risques du métier, mais il permet d’éviter les pièges les plus prévisibles, ceux qui n’apprennent rien de nouveau et ne font que coûter du temps.

Le gain n’est pas l’absence d’effort, c’est l’absence de détours inutiles.

La reconversion professionnelle accompagnée

Changer de métier à 35, 40 ou 50 ans est une traversée exigeante, souvent solitaire. Sans repère, la tentation est de tout recommencer à zéro, y compris ce qui pourrait être transposé. Un mentor qui a déjà accompagné ce type de transition aide à identifier les compétences réellement transférables, à cibler les bonnes formations et à éviter une période de flottement qui peut s’étirer sur plusieurs années sans lui.

Le créateur de contenu et les dix ans de tâtonnement évités

Sur les plateformes numériques, l’autodidaxie totale a un coût réel : des mois, parfois des années, passés à deviner ce qui fonctionne par essais-erreurs. Un mentor expérimenté ne donne pas de formule magique il n’existe pas mais il indique où se trouvent les fausses pistes déjà explorées cent fois avant. C’est exactement l’image du fleuve : on peut suivre son propre lit, mais s’appuyer sur une carte des courants déjà relevés évite bien des boucles inutiles.

Le jeune diplômé face à son premier poste de responsabilité

Prendre ses premières responsabilités sans aucun repère conduit souvent à un choix binaire : l’autoritarisme par insécurité, ou l’effacement par peur de mal faire. Un mentor n’occupe pas le poste à la place du jeune professionnel, mais il l’aide à nommer ce qu’il vit, à distinguer une vraie urgence d’une fausse, et à ajuster sa posture sans avoir à tout apprendre par l’échec.

Observons ce que cela change, concrètement

Dans les quatre cas ci-dessus, un même principe se répète : le mentor n’empêche pas la marche, il l’éclaire. Il ne dispense de rien d’essentiel ni de l’effort, ni de la décision, ni de la responsabilité mais il retire du chemin les obstacles que d’autres ont déjà identifiés avant nous.

C’est toute la nuance de l’adage. La rivière qui accepte un relief déjà connu n’est pas moins libre que celle qui invente son lit envers et contre tout. Elle est simplement plus économe de son propre temps cette ressource qu’on ne récupère jamais. C’est pourquoi, avancer seul n’est pas toujours une preuve de liberté, mais parfois simplement l’absence d’un repère.

 

Vous portez un projet, une transition ou une prise de responsabilité et vous cherchez ce repère ? Écrivez-nous : nous parlons ici, chaque semaine, de développement personnel et de trajectoires accompagnées.

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