La première promotion des médecins congolais a fait son retour au bercail, en République du Congo, le 10 septembre 2020. Ce retour fait suite à leur fin de formation dans les facultés de l’Université des Sciences Médicales de La Havane, depuis 2013. Le Magazine Eclairmonde a recueilli quelques uns de leurs points de vue sur les conditions de leur retour, dans un contexte de Covid-19 à travers le monde.

Question d’Eclairmonde: Docteur Jospin Assendza, la covid 19, le ciel du voyage et le retour de la première promotion des médecins congolais formés à Cuba. Qu’en penses-tu, en quelques mots ?

Propos du Docteur Jospin Assendza

Premièrement la Covid19 a sévi et continue encore de sévir dans le monde entier. Elle cause encore d’énormes pertes humaines, économiques et sociales. La chute de l’économie mondiale n’épargne pas l’ensemble de nos pays. La Covid-19 est en train de continuer à tuer les gens et à engendrer et aggraver d’autres crises sanitaires, alimentaires, etc.

Qu’à cela ne tienne, notre formation n’a pas été affectée. Etant des internes, tous les jours, nous étions à notre poste de devoir, en faisant des gardes et autres. Aujourd’hui,  nous sommes diplômés docteurs, médecins généralistes. Bref!

En ce qui concerne notre voyage, en quelque sorte, c’est une grande joie pour nous de terminer notre formation et rentrer au pays. Nous en sommes fiers, fiers d’aller exercer notre métier, et ce, après un dur labeur à Cuba. Mais quand même, nous en sommes sortis.

Je tiens à remercier premièrement les autorités nationales et particulièrement celles de l’ambassade qui nous fortifiaient par leurs conseils et encouragements. Parfois, dans les difficultés qui étaient les nôtres, leurs actions se transformaient en aides financières, pour certains.

Deuxièmement, nous remercions nos parents pour leur assistance lointaine depuis le pays, en matière de finances, pour nombreux d’entre nous.      

Ainsi, notre joie se perçoit, dans l’expectative de revoir bientôt nos parents. Mais, la séparation fait mal au cœur, car il s’agit pour nous, jeunes médecins et anciens étudiants, de quitter nos collègues, nos frères, avec lesquels nous avons a lutté ensemble. Et si je me remettais à leur place, je m’imaginerais combien ils désireraient être parmi les finalistes que nous sommes aujourd’hui! En fait, vivre à Cuba n’a pas été si facile à cause de la dureté des conditions de vie… Que Dieu soit loué à jamais !

 Merci à son Excellente Madame l’Ambassadeur et toute l’équipe des diplomates !

Propos du Docteur Lich Dzenguele

Quelques médecins à l’aéroport Jose Marti de La Havane (Cuba)

Permettez-moi de commencer mon propos en vous disant merci pour la considération.

Pour ce qui est de notre retour, je ne crois guère pouvoir exprimer le fond de ma pensée. Ce me semble qu’il ne saurait être parfaitement perçu pour me faire comprendre.

Malgré cela, à mon humble avis, je dirais d’emblée que, face à la crise sanitaire qui sévit dans le monde en général et au Congo en particulier, la situation interpelle les consciences. Aujourd’hui, il nous faut faire preuve d’humanisme. Il faut mettre les moyens en jeu pour que les nouveaux médecins soient en mesure d’aider le pays. Nos populations ont besoin d’être aidées, et c’est ce que nous allons essayer de faire, tant soit peu. Car le défi consiste à améliorer notre système de santé. La bonne volonté y est ; mais en dépit de cette bonne volonté de certains d’entre-nous, notre système de santé est gangrené par de nombreux problèmes.

Le nombre de médecins pouvant travailler dans les structures médicales sur toute l’étendue du territoire national est tellement insignifiant. Cependant, nous pouvons rassurer que notre retour apporterait quelque chose de significatif pour réduire le déficit en personnels médicaux.

Ensuite, nous finalistes … avons beaucoup d’incertitudes. Par rapport au climat économique, social et de voyage sévèrement perturbé par la situation de la pandémie de Covid-19, nos conditions de préparation de notre voyage-retour ne nous rassure pas. Toutefois, nous croyons que nous allons retourner au pays malgré ce contexte si difficile. Nous lançons un appel au gouvernement afin de multiplier encore plus des efforts pour mieux faire davantage. Merci.

Propos du Docteur Destin Edzivantali 

Docteur Destin Edzivantali : Imminent, ce n’est pas trop dire de notre voyage-retour au Congo, notre bercail ! Nous allons retourner au pays, après plus de six années de formation en médecine passées à Cuba. Déjà, en 2013, un certain 25 octobre, il y eut quelque chose de ce genre. L’émotion était aussi grande. Je devais quitter mes parents pour une première fois. Une longue durée d’absence du Congo s’ouvrait devant moi, pour vivre dans un autre pays, en République de Cuba.

En ce temps-là, nous ignorions les us et coutumes de ce pays étranger. Mais ce devait être un jour tant attendu où nous pensions toujours revoir nos familles et connaissances. 

Maintenant, nous allons apporter notre contribution au sein de la nation. C’est un devoir ou encore un engagement pour nous, surtout envers les populations. Elles ont payé nos études à travers le Gouvernement, grâce au paiement de leurs contributions, leurs impôts. Nous n’oublierons pas l’action du Gouvernement grâce à laquelle la bonne volonté des Autorités nationales a permis de juguler nombreuses difficultés. Je ne voudrais pas dire que tout a été en rose durant notre long séjour de formation à Cuba !

Ainsi, nous savons que nous allons voyager dans un contexte sanitaire critique caractérisé par la pandémie de Covid-19! Malgré tout, nous attendons d’effectuer impatiemment ce voyage. Rentrer au bercail constitue un moment heureux. Notre apport est vivement attendu. A ce propos, nous appelons au soutien moral et à la bonne éducation de nos confrères et concitoyens de la république. Nous voulons ensemble relever le défi de cette pandémie qui a déjà endeuillé plusieurs nations, dont le Congo.

Pour tout dire, le moment du vol dans le ciel arrive, une occasion de réfléchir ou de faire l’inventaire. Le ciel restera ciel, et l’Azur bleu… Nous pensons aux âmes qui nous ont quitté durant cette période de pandémie de Covid – 19, une grande perte pour la nation. 

***

En définitive, les médecins congolais formés à Cuba comprennent la nécessité de mouiller le maillot pour relever les défis qui les attendent. Leur retour au bercail le 10 septembre dernier est une grande bouffée d’oxygène pour le système médical de leur pays. Mais ils devront faire face à de multiples facteurs constringents. Alors, y parviendront-ils aisément? Faudrait-il attendre encore l’arrivée des autres promotions restées à Cuba? Avec leur arrivée pourrait-on voir un peu plus clair dans l’amélioration des conditions de prise en charge des malades au sein des hôpitaux congolais?

NOUS SOMMES ECLAIRMONDE : NOUS VOUS INVITONS A PARTAGER AVEC LES AUTRES LA MARQUE DE NOTRE MAGAZINE DU VOYAGE ET DES RÉALITÉS VIRTUELLES AU MONDE.

Hits: 16