L’humanité s’effondre avec la mondialisation, face aux crises et convulsions du monde qui s’enlisent et se compliquent chaque jour. Et l’on s’interroge: le développement durable se fera-t-il avec l’érosion de l’humanité ?

L’humanité, une somme de valeurs communes et universelles

L’humanité est « l’ensemble des individus appartenant à l’espèce humaine et les caractéristiques particulières qui définissent l’appartenance à cet ensemble ». Ce concept renferme la notion de nature humaine, avec des caractéristiques essentielles et communes. Ce qui est « humain » s’oppose à l’« inhumain ».

En fait, les valeurs qui fondent la vie humaine sont bien définies. La déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), reconnaît que tous les membres de la famille humaine sont égaux. Ils ont la même dignité et les mêmes droits inaliénables. L’humanité est le caractère qui justifie la dignité de l’homme. Elle justifie la liberté, la justice et la paix entre hommes et femmes. Le non-respect des droits de l’homme conduit à des actes de barbarie qui révolte « la conscience de l’humanité». Pour elle, il faut un monde sans terreur et ni misère, garantissant la liberté de parole et de croyance.

L’essentiel des valeurs humaines universelles, se fondent sur les droits de l’homme. Si on les protège, personne ne fera recourir à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. Le progrès social et les meilleures conditions de vie humaine passent par-là (Charte des peuples des Nations Unies).

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme consacre le caractère inaliénable des valeurs de tous les êtres humains nés « libres et égaux en dignité et en droits ». Elle consacre aussi la raison et la conscience de l’être humain pour interagir dans un esprit de fraternité. Comme tel, ce sont la raison et la conscience qui caractérisent l’humanité. C’est ce qui différencie l’être humain de l’être animal. Par conséquent, toute action de développement doit placer l’homme au centre. Dès lors, conduire les humains est différent de conduire les animaux ou les bêtes. Les crises et convulsions du monde résultent du déni ou de l’érosion des valeurs humaines universelles et de la déshumanisation.

L’érosion de l’humanité compromet-elle le développement durable ?

Les relations entre peuples d’un même territoire, tant politiques, économiques et commerciales internationales sont en convulsion permanente. Les mœurs et comportements sociaux, politiques et humains se dépravent sur des conflits d’intérêts les uns contre les autres.

En même temps, on voit les maladies se multiplier, et certaines épidémies devenir des casse-tête pour les scientifiques. Les hommes des sciences ne taisent plus leurs divergences et contradictions viscérales sur certaines. Et le commun des mortels observent ces guéguerres, s’en remuant la tête avec beaucoup d’étonnements. Pendant que les victimes se comptaient chaque jour, chercheurs et médecins, eux, se sont livrés au ring des protocoles pour le traitement des malades atteints du Covid-19. Évidemment, à ce jour, ils ne s’accordent toujours pas.

Pareillement, des divergences sont apparues avec la découverte en si peu de temps du nouveau vaccin contre le Covid-19. Aussi, son administration, somme toute précipitée, soulève-t-elle de nombreuses interrogations. Des inquiétudes amplifiées sur ses effets négatifs sur certaines personnes. Des organes de presse internationaux relayent de plus en plus que des personnes âgées sont décédées, de suite de cette vaccination. Dans ces conditions, on se demande pourquoi louer le fait de trouver un vaccin!

D’autre part, comment atteindre les objectifs du développement durable en matière de santé de la population mondiale, sans prémunir les risques du péril de l’humanité. Tant d’incertitudes et conflits d’intérêts s’alimentent aux dépens de la survie de tous. Ces crises et convulsions du monde d’ordre environnemental, socio-politique, économique, socio-sanitaire, voire religieux sont des signaux rouges contre l’humanité. Devant un tel tableau peu élogieux, où sont les chances des objectifs mondiaux du développement durable. Crises et convulsions du monde ne permettent pas de mieux répondre aux défis mondiaux les plus vitaux, à la base du développement durable.

Rappels généraux sur la notion du développement durable

Nous voulons simplement nous limiter à rappeler d’abord quelques considérations générales sur l’historique du concept « durable ». Ici, nous n’allons pas restituer tout le processus du débat sur l’apparition du terme de développement durable.

Il s’agit plutôt de faire observer que l’émergence du concept «développement durable » remonte au début du XXe siècle. La notion du développement durable est une problématique selon laquelle, le développement en général doit résoudre deux problèmes notoires. Il s’agit de l’accroissement des inégalités sociales et la pression exercée sur l’environnement avec pour conséquence la destruction de celui-ci.

A partir de 1909, plusieurs réflexions ont été menées sur le développement durable. Depuis, ce concept a pris un contour sémantique remarquable et une ampleur réelle. À l’origine, une contestation est apparue sur le terme même de développement durable au niveau international (cf. rapport Brundtland). Dans la suite, le débat a triomphé du terme «développement soutenable » (en français), préféré au fil des ans. Du 20 au 22 juin 2012, le terme « développement durable » a été utilisé de manière officielle par les Nations Unies, lors du nouveau Sommet de la Terre à Rio, au Brésil. Ce sommet, appelé aussi Rio+20, fut dénommé « Conférence des Nations unies sur le développement durable ».

Comment définir le développement durable ?

Gros modo, le concept du développement durable intègre tout. Cela signifie que les aspects économiques, environnementaux et sociaux du développement sont inclus dans un enjeu de long terme. Cette conception fait référence à une vision intégrale du bien commun. Ce qui signifie également que tout est considéré comme appartenant à toute la planète. La durabilité se trouve dans le bien à tous, y compris à l’égard de l’environnement.

Une définition a été donnée par le rapport Brundtland en 1987, concernant « le développement durable ». Celui-ci est perçu comme « un développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. »

Pour l’Association française de normalisation (AFNOR), le terme « durable » s’applique à une condition où les composantes de l’écosystème. C’est-à-dire, les êtres humains, leur environnement physique, les plantes, les animaux et leurs fonctions sont préservées pour les générations présentes et futures.

Ces deux approches de définition sous-entendent un état d’équilibre. Cet état d’équilibre cerne la satisfaction des besoins essentiels et les conditions économiques, environnementales, sociales et culturelles de l’être humain en société.  Le développement durable cherche à prendre en compte, simultanément, l’équité sociale, l’efficacité économique et la qualité de l’environnement. Sur ces trois piliers s’appuient quatre (4) principes fondamentaux.

Les quatre principes fondamentaux du développement durable

  • La solidarité entre les pays, entre les peuples, entre les générations, et entre les membres d’une société : partager les ressources de la Terre avec nos voisins en laissant à nos enfants. Par exemple : économiser les matières premières pour que le plus grand nombre en profite.
  • La précaution dans les décisions afin de ne pas causer de catastrophes quand on sait qu’il existe des risques pour la santé ou l’environnement.
    Par exemple : limiter les émissions de CO2 pour freiner les changements climatiques.
  • La participation de chacun, quelle que soit sa profession ou son statut social, afin d’assurer la réussite de projets durables. Par exemple : mettre en place des conseils d’enfants et de jeunes.
  • La responsabilité de chacun, citoyen, industriel ou agriculteur. Pour que celui qui abîme, dégrade et pollue, répare. Par exemple : faire payer une taxe aux industries qui polluent beaucoup.

Quels sont les 3 piliers du développement durable ?

La théorie du développement durable est soutenue par ce qui a été désigné par le trois éléments fondamentaux. Ces piliers sont :

  • l’efficacité économique : pour être durable, le développement doit assurer une gestion saine et pérenne, sans préjudice pour l’environnement et la société ;
  • l’équité sociale : le développement durable doit satisfaire les besoins essentiels de l’humanité en logement, alimentation, santé et éducation, tout en réduisant les inégalités entre les individus, dans le respect de leurs cultures (respect des droits humains et justice).
  • la qualité environnementale : le développement doit être capable de préserver les ressources naturelles, à long terme, en maintenant les grands équilibres écologiques et en limitant des impacts environnementaux.

Graphiquement, on peut représenter ces 3 piliers par un schéma. Trois cercles entremêlés illustrent au centre le «durable».

Le problème fondamental du développement durable

Lorsque le concept de la durabilité du développement a été défini dès 1991 et 1993, il se rapportait à l’écodéveloppement. Notamment, il se rapportait au processus d’un développement endogène et dépendant de ses propres forces. Un tel développement tient à la logique des besoins de la population toute entière, sans exclusion. Or, cette dimension écologique envisage l’harmonie entre l’homme et la nature. Face à cette dimension, le concept de « développement soutenable » n’a pu victorieusement dominé, en 1987. Pourtant, c’est cette dimension que préférait la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, selon le rapport Brundtland.

Le problème fondamental du développement durable réside en la crise multidimensionnelle entre l’écologie et la société humaine. D’une part, la nature dans son ensemble n’approuve aucune harmonie avec l’interactivité de l’être humain, et inversement. L’impact de l’homme sur l’environnement est catastrophique, y compris sur l’homme en tant que partie prenante de cet environnement.

Ces crises et convulsions du monde, en termes d’écodéveloppement, se manifestent sous plusieurs appellations.

Différentes appellations des crises et convulsions du monde

Les crises et convulsions de l’écodéveloppement peuvent être désignées sous plusieurs appellations. Il s’agit du changement climatique, de la raréfaction des ressources naturelles, des pénuries d’eau douce. On peut ajouter le rapprochement du pic pétrolier, les écarts entre pays développés et pays en développement. D’autres sont liées aux problèmes de sécurité alimentaire, de déforestation, de perte drastique de biodiversité. Sur ce registre, il ne faut pas oublier la croissance de la population mondiale, les catastrophes naturelles, industrielles, voire les méfaits des sciences et technologies.

Mais cette liste est d’ailleurs peu exhaustive. Il conviendrait aussi de citer l’ensemble des dérèglements ou troubles sociaux et de comportements individuels qui caractérisent de l’être humain.

Toutes ces crises minent le développement durable et compromettent vivement le propre devenir de l’homme. Par conséquent, même l’avenir du village planétaire ainsi que celui du vivre ensemble est mis en jeu.

Le développement durable, la réponse apparente aux espoirs de l’humanité

Le développement durable paraissait être une réponse attendue par tous aux grands défis mondiaux. L’humanité les formule toujours à tous les niveaux économique, social, culturel et technologique du développement. Les États, les acteurs économiques, la société civile et les individus pris séparément, ont leurs yeux tournés vers ces espoirs. Alors, de nouvelles valeurs universelles sont alors apparues et mises en exergue. Il s’agit de la responsabilité, la participation écologique et le partage, le principe de précaution, le débat, la transparence… 

Une double approche s’est fait un chemin. D’une part, « nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre, mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations futures ». Cette approche se fait dans le temps . D’autre part, « chaque humain a le même droit aux ressources naturelles de la Terre ». Ce principe a un lien avec la destination universelle des biens. C’est l’approche dans l’espace. Cette deuxième approche suppose que chaque personne vivante a droit à un bien-être collectif et individuel. Et ce droit inaliénable le rend capable de se garantir un futur viable.

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